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Colposcopie

10 jan 2007

Col utérin : voire n’est pas croire !

Dr Jean-Michel Brideron
CNGOF - Paris. Au niveau du col de l’utérus, l’analyse histologique pose différents problèmes qui tiennent tout autant aux conditions du prélèvement qu’aux difficultés techniques et d’interprétation de la sémiologie histologique.
Difficultés du prélèvement Là comme ailleurs, le pathologiste « trouve ce qu’il cherche ». En d’autres termes, tout doit être fait pour orienter correctement le correspondant et aucun renseignement clinique, coloposcopique et cytologique ne doit être omis. En effet, sans information, le diagnostic sera établi sur une analyse de quelques lames sans possibilité de juger de la cohérence avec les données déjà disponibles alors que, dans le cas contraire, une discordance notable pourra conduire à un complément de lecture, voire à la réalisation de tests complémentaires comme l’immuno-marquage. En cas de prélèvements multiples, il semble judicieux d’en représenter le siège sur un schéma du col et de les transmettre dans des flacons séparés ce qui permettra ultérieurement au clinicien de savoir où se trouve la lésion la plus sévère.   Difficultés techniques Dilacération ou écrasement par la pince à biopsie, difficultés d’orientation entre surface épithéliale et base choriale, mauvaise fixation, constituent le quotidien du pathologiste. L’information et la vigilance sont donc les maîtres mots du travail du pathologiste.   Difficultés d’interprétation La classification de RICHART – ou plutôt devrions-nous écrire « les classifications de RICHART » - reste la référence. Pour se rapprocher de la terminologie utilisée en cytologie, il devient de plus en plus courant de distinguer les dysplasies de bas-grade, ex-CIN1, des dysplasies de haut-grade ex-CIN2 et 3. Ces divers classements exposent néanmoins au risque de sous et de surestimation devant une métaplasie, plus ou moins parakératosique, prise pour une CIN de bas-grade, ou à l’inverse, une lésion de haut-grade considérée comme une métaplasie peu différenciée impliquant des cellules endocervicales. Dans ces cas litigieux, de nouveaux outils diagnostiques sont disponibles. La confirmation de l’existence d’une vraie lésion de bas-grade peut s’aider de la recherche de l’ADN viral par marquage immuno-histochimique, de sensibilité imparfaite ou, mieux, par hybridation in situ plus précise mais plus coûteuse. La recherche d’un fort immuno-marquage de la protéine p16, qui ne s’exprime qu’en cas d’anomalie de la régulation du cycle cellulaire, garantit quant à elle l’existence d’une lésion de haut-grade. En pratique, la « communication » constitue un élément essentiel de la relation entre clinicien et pathologiste pour éviter les erreurs de prélèvements, de lecture et d’interprétation. De plus, le clinicien doit posséder suffisamment de connaissances sur l’histologie cervico-utérine pour relire avec « vigilance » la totalité du compte-rendu pour en évaluer la fiabilité et l’intégrer dans sa démarche de soins … tout en gardant sa « confiance » au pathologiste » qu’il aura choisi.

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