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16 avr 2014

Affection psychiatrique et grossesse : surveillance materno-fœtale

S. ORLANDI, Ajaccio
Quel que soit le traitement des pathologies psychiatriques, la grossesse, l’accouchement et le post-partum doivent être surveillés par une prise en charge psychiatrique pédiatrique et obstétricale, adaptée à la mère et à l’enfant.
La grossesse entraîne un retentissement variable sur les pathologies psychiatriques préexistantes : – protection dans la psychose et bipolarité ; – amélioration des troubles paniques ; – aggravation des troubles obsessionnels compulsifs (TOC).   Usage des antidépresseurs • Pas de risque malformatifs avec les antidépresseurs tricycliques : clomipramine (Anafranil®), amitriptyline (Laroxyl®). • Pas de risques malformatifs avec les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS) : fluoxétine (Prozac®), sertraline (Zoloft®), citalopram (Seropram®) ; il faut rassurer la patiente. • Risques de malformations cardiaques avec la paroxétine (Deroxat®). • En cours de grossesse : ne jamais arrêter brutalement le traitement. • En fin de grossesse : diminuer les doses, afin de diminuer les risques chez le nouveau-né (éviter une décompensation maternelle). • Allaitement possible avec tous les antidépresseurs tricycliques et les IRS, sauf la fluoxétine. • Post-partum : surveillance materno-fœtale multidisciplinaire. Usage des antipsychotiques La chlorpromazine (Largactil®) et l’halopéridol (Haldol®) sont les traitements de référence les mieux connus. • L’halopéridol nécessite une surveillance par échographie du 2e trimestre axée sur l’étude des membres du foetus chez les patientes exposées au cours du 1er trimestre. • La fluphénazine (Moditen®), l’amisulpride (Solian®) et la rispéridone (Risperdal®) peuvent être utilisés. • L’aripiprazole (Abilify®) est à éviter ; cependant, si une grossesse survient lors de ce traitement, il n’est pas obligatoire de l’arrêter, il faut alors surveiller le diaphragme fœtal par échographie au 2e trimestre. • Au cours du 3e trimestre, il faut utiliser les doses mini males efficaces pour diminuer les complications néonatales tout en assurant un équilibre psychique maternel. • À l’accouchement, l’équipe de garde doit être informée du traitement maternel (risque extrapyramidal ou syndrome de sevrage). • L’allaitement n’est pas conseillé ; en cas de nécessité, la prescription doit être de courte durée. • Dans tous les cas, la grossesse est à programmer, afin d’assurer une prise en charge adaptée. Usage des anxiolytiques • Pas de risques malformatifs avec les benzodiazépines. • Un seul risque recensé de fente labio-palatine avec le diazépam (Valium®). • Les benzodiazépines peuvent être utilisées à tout moment de la grossesse. Ne pas interrompre le traitement s’il est nécessaire. • Surveiller le rythme cardiaque fœtal (RCF) et les mouvements actifs foetaux (MAF). Possibilité de diminution des MAF et aplatissement du RCF en cas de prise chronique ou de fortes doses, réversible à la diminution ou à l’arrêt du traitement. • Chez le nouveau-né, risque de sevrage nécessitant une prise en charge pédiatrique adaptée (risque moindre pour l’oxazépam (Seresta®), car cette molécule a une demi-vie moyenne et n’a pas de métabolite actif. • Allaitement : non conseillé. Si nécessaire, le traitement doit être de courte durée et pris à distance de la tétée ; le nouveau-né doit être surveillé.

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