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Colposcopie

07 oct 2020

HPV et vaccin

Joseph MONSONEGO, Paris

Madame V. 28 ans, nullipare, non fumeuse, présente des frottis L-SIL et la biopsie dirigée indique une CIN1.

Cette patiente a reçu un schéma complet de la vaccination HPV 4 valences (Gardasil 4) à l’âge de 16 ans. La colposcopie met en évidence une couronne acidophile de tonalité moyenne à forte, iodo-négative à contour flou, correspondant à une transformation atypique de grade 2 (figures 1 et 2), compatible avec une CIN3. La biopsie dirigée confirme le diagnostic de CIN3 RIS. La patiente est prise en charge par résection conoïde de la zone de transformation, adaptée aux dimensions de cette lésion. L’examen anatomopathologique, en coupes fines, confirme le diagnostic de CIN3. Figure 1. TAG2 de la lèvre postérieure de la zone de transformation. Figure 2. TAG2 de la lèvre postérieure de la zone de transformation. Cette patiente avait été testée préalablement pour l’HPV, un HPV 33. Le contrôle colposcopique réalisé 3 mois après l’intervention (colpo-photographie) montre un col strictement normal (figures 3 et 4), un orifice externe perméable, une jonction squamo-cylindrique bien visible à l’orifice qui n’est le siège d’aucune transformation atypique. Figure 3. Colposcopie normale après traitement. Figure 4. Colposcopie normale après traitement. Le frottis de contrôle, 6 mois après l’intervention et le test HPV réalisé, 9 mois après l’intervention, sont négatifs. On peut considérer que cette la lésion a donc été totalement retirée et que, l’agent causal n’étant plus présent, il n’y a plus de risque de récidive précoce liée à ce même virus. Bien entendu, la possibilité d’être exposée à un autre HPV dans les années à venir n’est pas exclue. Conclusion Les patientes ayant reçu la vaccination quadrivalente sont protégées à 50-60 %, dans l’avenir, de développer lésions de CIN de haut grade. La protection demeure très forte pour les CINH-G HPV 16 ou 18, de l’ordre de 98 %. En l’occurrence, cette patiente était toujours protégée vis-à-vis du 16 et du 18, mais a été exposée à un virus 33, qui a été responsable de cette lésion de haut grade. Il y a donc lieu de garder à l’esprit que les jeunes filles vaccinées avec le Gardasil 4 ont un risque d’environ 40 % de développer des lésions de haut grade dans l’avenir, liées essentiellement aux virus 33, 31, 45, 52 et 58. Le vaccin 9 valences, disponible depuis 1 an et demi (protection vis-à-vis du 16, 18, 31, 33, 45, 52, 58 + 6 et 11), assure une protection de ces jeunes filles vis-à-vis des lésions de haut grade de 90 % environ. Dans les années à venir, les patientes vaccinées n’auront pratiquement pas de risque ou un risque extrêmement faible (< 10 %) de développer une lésion de haut grade. Il est donc important de continuer de suivre, tout particulièrement, les patientes vaccinées avec le Gardasil 4. Ce suivi doit comporter, le cas échéant, la recherche des génotypes viraux pour vérifier l’exposition à 1 des 5 à 6 virus autres que le 16 et le 18, susceptibles de causer des lésions de haut grade.

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