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Médecine fœtale

23 jan 2012

Plaidoyer pour le dépistage néonatal systématique des surdités de l’enfant

Dr Julie Perrot
Dans un contexte où le dépistage néonatal des surdités de l’enfant est source de débats, des auteurs de l’Hôpital Armand Trousseau (Paris) ont porté leur attention sur la surdité dans une cohorte d’enfants n’ayant pas bénéficié d’un dépistage auditif néonatal.
Des raisons de consulter et des facteurs de risque L’étude conduite par E. Delquinies et coll. s’est appuyée sur des informations recueillies prospectivement en provenance d’une base de données et intéressant 284 enfants (502 oreilles) testés en consultation d’audiophonologie entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2007. Les principaux motifs de consultation étaient un retard de langage (32 % des cas), un doute auditif (17 %), ou un dépistage ciblé pour facteurs de risque de surdité (13 %). Au rang des facteurs de risque relevés, prédominaient les antécédents familiaux de surdité (33 %), les dysmorphies et syndromes associés à la surdité (21 %), et l’infection maternelle à cytomégalovirus (4 %). A noter qu’il existait plus d’un facteur de risque dans 9 % des cas. Un constat de retard au diagnostic et à la prise en charge Dans cette population d’étude, où 51 % des enfants avaient été adressés par un ORL et 17 % par un pédiatre, 220 enfants avaient un déficit auditif (392 oreilles atteintes, avec un déficit perceptif pour 79 % d’entre elles). La surdité était acquise, bilatérale chez 46 enfants, unilatérale chez 34, et bilatérale congénitale supérieure à 40 dB chez 135. L’inventaire des retards observés recense : une surdité profonde chez 74 enfants, diagnostiquée en moyenne à 16,4 mois, appareillée en moyenne à 19,3 mois, et pose d’un implant cochléaire à 42,6 mois ; une surdité sévère chez 19 enfants, diagnostiquée en moyenne à 29,2 mois, appareillée à 39,7 mois ; une surdité moyenne chez 42 enfants, diagnostiquée en moyenne à 48 mois, appareillée à 53,7 mois. De cette étude, on peut retenir l’âge élevé des enfants lors du diagnostic et de la prise en charge des surdités congénitales profondes bilatérales (que ces derniers présentent ou non des facteurs de risque). Ces résultats amènent les auteurs à conclure que « Seul le dépistage néonatal systématique permettra un dépistage et une prise en charge précoces ».

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