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Sénologie

08 juin 2009

Les estrogènes équins, facteur de risque de mastopathie bénigne proliférante

Dr F.May-Levin
L’étude Women’s Health Initiative (WHI) est un essai randomisé étudiant les effets d’un traitement substitutif de la ménopause (TSH) par estrogènes équins (Prémarin®). Ses objectifs primaires étaient l’étude du risque de cancer du sein, mais également le risque de mastopathie bénigne proliférative (MBP). Cette publication concerne le risque de MBP, qui est considérée comme un stade précédant souvent la survenue d’un carcinome.
Méthode Il s’agit d’un essai prospectif, portant sur plus de 10 000 femmes âgées de 50 à 79 ans, ayant subi préalablement une hystérectomie et indemnes de tout antécédent de cancer du sein. Ces femmes ont été incluses dans l’essai entre 1993 et 1998 dans 40 centres où elles étaient suivies. Après stratification sur l’âge et le centre de référence, elles ont été randomisées en deux groupes pour recevoir soit du Prémarin® (0,625 mg/j) soit un placebo. La surveillance a été effectuée par téléphone tous les 6 mois, avec une consultation clinique et une mammographie tous les ans. La durée moyenne de suivi est de 7 ans. Tous les diagnostics ont été histologiquement confirmés.   Résultats Les résultats sont sans appel : le risque de mastopathie bénigne proliférative est plus que doublé (RR = 2,34). En effet, 472 biopsies ont dû être effectuées, qui se sont réparties en 232 MBP et 240 en mastopathies non prolifératives. Ces mastopathies prolifératives ont été observées dans 66,8 % des cas chez les femmes traitées par estrogènes, la différence comparativement au groupe placebo étant significative (p < 0,001). Le risque apparaît dès la première année de traitement et persiste jusqu’à la fin de l’étude. Il est indépendant des facteurs épidémiologiques ou alimentaires. Ainsi, les résultats de cette étude évaluant le traitement par estrogènes équins seuls chez des femmes ayant été hystérectomisées diffèrent d’une étude symétrique réalisée par la même équipe, mais dans laquelle les estrogènes étaient associés à des progestatifs : dans ces conditions, alors que l’on retrouve un risque comparable de mastopathie proliférative, le risque de cancer du sein est alors avéré et significatif.

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