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Urologie

23 jan 2008

Le dépistage de l’incontinence urinaire d’effort est-il justifié ?

Dr Julie Perrot
C’est à cette question, entre autres, que se sont efforcés de répondre les Dr M. Cosson et J.-P. Lucot, du Pôle de gynécologie de l’hôpital Jeanne de Flandre (CHRU de Lille).
Le dépistage de l’incontinence urinaire d’effort (IUE) définie par « la perte involontaire d’urine à l’effort, non précédée du besoin d’uriner, et qui entraîne un problème social ou hygiénique », est, selon les Dr M ; Cosson et JP Lucot, justifié par sa fréquence chez la femme, son retentissement sur la vie personnelle et sociale, son impact économique, et par l’existence de solutions thérapeutiques.   Un dépistage justifié par la forte prévalence de l’IUE Cette prévalence varie en effet de 26 à 57 % et la perception du caractère « ennuyeux » de l’IUE de 21 à 64 %, selon les études et les définitions utilisées. Les taux de prévalence varient selon l’âge,et atteint 52 % chez les femmes âgées de 70 à 74 ans. La population potentiellement concernée par ce dépistage est très vaste. L’IUE doit être recherchée lorsqu’il existe des facteurs de risque, notamment : avancée en âge, grossesses, accouchements par voie vaginale, traumatismes obstétricaux, obésité (multipliant le risque d’IUE par 2,6), activité physique intensive, constipation, diabète, toux chronique (doublant le risque d’IUE), maladie neurologique, troubles psychiques, médicaments (neuroleptiques, antihypertenseurs, alpha- et bêta bloquants…). Est également recommandé le dépistage de l’IUE chez toute patiente consultant en médecine générale pour un motif uro-génital (suivi pré-ou post-natal, ménopause, contraception, prolapsus, troubles sexuels…) ou signale des troubles ano-rectaux.   Un dépistage justifié par le retentissement sur la qualité de vie Le retentissement de l’IUE sur la qualité de vie est important, mais les femmes taisent souvent les difficultés, et ce retentissement est rarement motif de consultation, alors qu’il existe des réponses thérapeutiques. Une étude publiée en 1992 laisse apparaître que seules 1,6 % des femmes avaient consulté leur généraliste à ce sujet, alors que 13 % d’entre elles signalaient être gênées en permanence, 34 % être gênées dans leurs activités quotidiennes et dans leur vie professionnelle, et 11 % dans la pratique du sport.   Un dépistage justifié par le retentissement économique de l’IUE Environ 20 % des femmes porteraient une protection pour cause d’IUE. En 1995 le coût des protections a été estimé entre 244 et 300 millions euros, et celui de la prise en charge institutionnelle des personnes âgées incontinentes à 1,5 milliard euros.   Un dépistage de l’IUE justifié car il existe des traitements efficaces Les Dr Cosson et Lucot recommandent, outre la suppression des facteurs déclenchants, la correction des erreurs hygiéno-diététiques et, en l’absence de prolapsus extériorisé ou d’IUE majeure, la rééducation périnéo-sphinctérienne. En cas d’échec de celle-ci, ils insistent sur la nécessité d’un bilan urodynamique et d’un avis spécialisés, et mettent l’accent sur les interventions de frondes sous-urétrales synthétiques constituant, actuellement le traitement chirurgical de référence, avec des taux de succès dépassant 80 %.

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