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Endocrinologie

13 sep 2010

L’hormone anti-mullérienne réserve des surprises

Dr Roseline Péluchon
L’hormone anti-mullérienne (AMH) est de plus en plus souvent citée comme un marqueur fiable de la « réserve ovarienne ». Secrétée par les cellules de la granulosa, elle aurait une spécificité prédictive supérieure à la FSH (Follicle Stimulating Hormone). C’est surtout sa stabilité tout au long du cycle et d’un cycle à l’autre qui lui confère sa supériorité et, selon les résultats de précédents travaux, cette stabilité ne serait pas compromise au cours des périodes de changements hormonaux comme par exemple la grossesse.
Le dosage du taux d’AMH fait désormais partie du bilan d’infertilité, avant toute tentative de procréation médicalement assistée. Chez les femmes fertiles, le temps entraîne une diminution de ce taux, qui est désormais pressenti comme outil pour prédire l’âge de la ménopause. Les valeurs seuils spécifiques à chaque âge restent toutefois à déterminer. Un pas vers cette définition est réalisé grâce à une étude récente qui a concerné 210 patientes âgées de 18 à 40 ans. Toutes avaient accouché une quinzaine de jours avant le prélèvement sanguin, après une grossesse survenue spontanément après moins de 6 mois sans contraception. Les patientes étaient séparées en 3 groupes selon leur âge : le groupe 1, des 18-30 ans, le groupe 2 des 31-36 ans et enfin le groupe 3 des 37-40 ans. Les auteurs confirment que le taux moyen d’AMH diminue progressivement au fil du temps, passant de 1,19 ng/ml pour le groupe 1 à 0,95 ng/ml pour le 2 et 0,62 ng/ml pour le 3. Comme prévu, il n’est pas statistiquement influencé par le jour du prélèvement, ni par les caractéristiques de la grossesse comme le sexe du fœtus, son poids ou le mode de délivrance. Mais l’analyse des résultats réservait toutefois une surprise, puisque le taux d’AMH  est, pour toutes les patientes, inférieur au taux reporté dans les différentes études pour les patientes infertiles. Selon les auteurs, cette constatation remet en question les conclusions des précédents travaux qui insistaient sur la stabilité de l’AMH, réputée être insensible aux influences hormonales. Les taux bas constatés dans cette étude, inférieurs même à ceux retrouvés chez des patientes infertiles, laissent penser que la période puerpérale, en tous cas, voit s’effondrer le taux d’AMH.

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