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Imagerie

13 mai 2020

À propos d’un cas comme beaucoup d’autres…

S. COHEN-ZARADE, C. FARGES, Radiologues, Paris

Madame H se présente au cabinet médical sans rendez-vous. Elle a l’habitude d’y être suivie pour ses mammographies, mais aujourd’hui, elle vient pour une toux fébrile depuis 8 jours. En pleine épidémie de coronavirus et en confinement, elle n’a pas pu consulter son médecin traitant habituel et semble très inquiète.

Figure A,B,C. Coupes axiales de haut en bas en regard des lésions. Elle ne présente pas d’agueusie ou anosmie, mais une fatigue inhabituelle. On réalise un scanner thoracique basse dose sans injection de produit de contraste. Il montre des plages en verre dépoli majoritairement, et quelques plages de condensation, à prédominance périphérique, basale et postérieure. Cette atteinte est évaluée à environ 10 % du volume pulmonaire. Il n’y a pas de nodule pulmonaire ou adénopathie. Il n’y a pas non plus d’épanchement pleural ou d’anomalie du parenchyme pulmonaire sous jacente. Le diagnostic de coronavirus (COVID-19) est hautement probable avec une étendue de l’atteinte pulmonaire évaluée comme minime. La patiente est renvoyée à domicile en confinement avec un masque, un rappel des gestes barrières et des consignes de repos et surveillance. Les images de scanner d’une infection à COVID-19 ne sont pas spécifiques mais assez typiques lors d’un contexte d’épidémie. Il s’agit de plages en verre dépoli à prédominance sous-pleurale, basale et postérieure. Le diagnostic est alors fortement évocateur, évocateur ou peu probable. L’évolution peut se faire vers un aspect en crazy-paving (réticulations sur le verre dépoli) et condensations en plages (différentes des condensations systématisées des pneumopathies communautaires). La quantification de l’atteinte est importante et révélatrice du niveau de gravité même si la clinique prime. Elle peut être minime (< 10 %), modérée (10-25 %), étendue (25-50 %) importante (50-75 %) ou critique (> 75 %). Au delà de 30 %, l’hospitalisation est en général nécessaire. Le scanner doit être injecté en cas de suspicion de diagnostic différentiel ou associé (embolie pulmonaire). Parfois, le patient est asymptomatique et la découverte d’images évocatrices du virus est fortuite sur un scanner réalisé pour un autre motif. La radiographie thoracique n’a pas sa place pour le diagnostic. Figure D. Coupe coronale postérieure, montrant bien la topographie des lésions.

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