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Grossesse

19 jan 2021

La prise de poids au cours de la grossesse chez les patientes diabétiques de type 1 influe sur l’avenir pondéral de leur enfant

Bernard Bauduceau, Paris
La prise de poids au cours de la grossesse chez les paientes diabéiques de type 1 influe sur l’avenir pondéral de leur enfant

• McWhorter KL et al. Assessing the impact of excessive gestational weight gain among women with type 1 diabetes on overweight/obesity in their adolescent and young adult offspring: a pilot study. Front Endocrinol (Lausanne) 2018 ; 9 : 713.

Le déroulement d’une grossesse chez une patiente diabétique de type 1 comporte un certain nombre de risques à la fois pour la mère et l’enfant. Ce fait explique qu’une programmation de la gestion et une surveillance attentive soient indispensables de façon à limiter le plus possible les complications au cours de la grossesse. Les conséquences néfastes de la prise de poids chez la mère lors de la grossesse semblent s’étendre à distance de l’accouchement chez les enfants avec un risque accru de surpoids à l’âge adulte. Cette étude s’est attachée à déterminer l’impact de l’exposition intra-utérine à un gain de poids excessif au cours de la grossesse des mères atteintes de diabète de type 1 sur le surpoids ou l’obésité des enfants adolescents et les jeunes adultes.

En 2008, une étude pilote a été menée chez 19 enfants adolescents et adultes dont les mères présentaient un diabète de type 1 avant la gestation. Ces enfants ont été sélectionnés au hasard parmi ceux dont les mères avaient participé au programme « Diabetes in Pregnancy Program Project » entre 1978 et 1995. Les recommandations concernant la prise de poids pendant la grossesse ont été stratifiées en fonction de l’IMC antérieur à la grossesse : - de 12,5 à 18 kg pour les femmes très minces, - de 11,5 à 16 kg pour les femmes de poids normal, - de 7 à 11,5 kg pour les femmes en surpoids, - de 5 à 9 kg chez les femmes obèses. Les relations entre le surpoids et l’obésité des enfants parvenus à l’âge ont été évaluées en fonction de la prise de poids au cours de la grossesse, ajustés pour l’IMC antérieur à la grossesse et aux doses moyennes d’insuline. Au moment de l’étude de suivi, l’âge moyen des enfants était de 20,3 ± 3,3 ans. Il s’agissait en majorité de sujets de sexe masculin 12 (63 %) ; 12 (63 %) étaient en surpoids ou obèses. Parmi les 11 mères qui avaient dépassé le seuil des recommandations concernant la prise de poids au cours de la grossesse, 9 enfants (82 %) étaient en surpoids ou obèses. En revanche, seuls 3 enfants (38 %) dont les mères avaient respecté les recommandations étaient en surpoids ou obèses. Le fait de ne pas respecter les recommandations concernant la prise de poids au cours de la grossesse majore ainsi d’un facteur 7,5 le risque pour l’enfant d’être en surpoids ou obèse à l’âge adulte (OR = 7,50, [IC95 % : 0,92-61,0]). Cette étude pilote porte sur de petits effectifs mais elle a pour mérite d’insister sur la nécessité d’éviter une prise excessive de poids lors de la grossesse chez les patientes de type 1 de la même manière que l’optimisation de l’équilibre glycémique est indispensable. La comparaison avec un groupe de femmes exempt de diabète aurait permis de bien évaluer son rôle précis dans les résultats observés. Les mécanismes impliqués sont encore mal connus et d’autres études seront nécessaires pour les expliciter. Outre l’augmentation des complications au cours de la gestation, les conséquences à distance chez les enfants doivent être connues puisqu’une majoration des cas de surpoids et d’obésité semble très probable.

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